"Le Prophète"
Dimensions 40P
Médium techniques mixtes, poudre d'or et pigments naturels
Emmitouflé dans son burnous, il pense, écoute le vent.
Il entend chanter. Il ne voit pas le visage coincé derrière l'arbre.
Ses pieds sont fatigués.
Il est las.
Ses meurtrissures le font souffrir. Il regarde ses mains qui sont fines. Elles ont gardées une certaine jeunesse. Qui peut les regarder dans ce pays désertique ?
Il pense à l'enfer, maintenant, il le voit, le respire, existe-t-il ?
C'est une mauvaise pensée, il oublie.
Se prosterne sur son tapis de prières et en appelle au prophète Mohamed.
Il déplore, il gémit, il se repent de laisser tant de confusions dans son esprit.
Est-ce la vieillesse, la fatigue, la chaleur qui l'anéantissent ? Depuis quelque temps, il voit de jeunes beautés toutes de blancs vêtues passer devant lui. Personne ne peut l'empêcher d'improviser ce qu'il a envie de rêver.
Il chuchote que Dieu m'oublie et m'excuse.
Que je vive parfois dans mes rêves, mes images.
De ce qui est permis et défendu.
D'avoir un sourire féminin, de lui raconter des histoires amusantes et de le faire rire.
Le soleil lui chauffe le dos, ce n'est pas une illusion, ni un rêve.
Désir
Médium huile
Voir la sélection de Mas de Provence dans l'album photo
Une sélection de certaines de mes oeuvres sont à voir dans la rubrique Eternité.
La technique utilisée est l'huile, les pigments et les feuilles d'or.
Ma Mère.
Assise, sous un filao, je tiens une photo dans la main. Je sors mes lunettes.
Une enfant presque inconnue !
Je fixe mon attention et je reconnais les nattes. Elle a ce quelque chose de familier dans le regard ...
Anéantie, le regard perdu je me laissais aller. Peut-être aussi l'envie sans contrainte de me replonger dans un passé, peut-être aussi suis-je prête à regarder cette photo sans pleurer...Elle ou moi, cette petite fille est assise sur une balançoire, tenant il, très fort une poupée.
Des nattes ?
Mais pourquoi des nattes ?
Voilà, je me souviens maintenant, j'étais dans une famille d'adoption .J 'ai encore dans l'oreille leur accent des "R" très prononcés. C'était des émigrés Juifs Russes. Pendant les vacances scolaires, on mettait tous ces enfants de déportés Juifs, l'espace de quelques jours pour leur faire très ce que pouvait être un foyer. Cette dame me faisait des nattes et non des grandes boucles .Je me souviens maintenant !
Berthe ma petite copine du lit voisin au mien, me faisait avec une aiguille à tricoter dans les larmes, mêlant les siennes aux miennes. Je souffrais parce que je les voulais raides et ils étaient frisés. En pleurs, elle me disait "C'est bientôt fini !"
Les autres riaient en chahutant, c'était une "Maison "ou tout était prétexte à chanter et rire.
On riait parce qu'inconsciemment on se savait vivant, puisque tous étaient seuls au monde ...
Mes sandales étaient blanches, si blanches, je sais pourquoi, c'était pour cacher la semelle, bourrée avec du papier journal, je sens encore les cailloux sous mes pieds.
Le jardin, ses grands arbres, ce majestueux sapin si droit, cette grande et large porte, qu'il fallait de toute ma force pousser, elle ne faisait pas de bruit alors que je pensais qu'elle allait m'écraser.
A petits pas j'allais dans un chemin étroit et entre deux arbres était cette balançoire magique ou avec le léger bruit du vent, une nuée de mouches faisait un bruit lancinant, cela faisait partie de l'intimité du moment .Je m'asseyais avec précaution, avec tendresse sur le bois, en tenant fermement la corde et mettais doucement ma poupée sur les genoux.
De mon pied droit, je poussais et la balançoire commençait à bouger. Je fermais légèrement les yeux, juste assez pour voir le ciel et doucement le balancement recommençait et avec toujours les mêmes mots "Maman quand vas-tu revenir, je t'attends, je suis malheureuse ".
Et avec le va et vient je chantonnais, les larmes coulaient doucement. Plus je montais, plus la route au loin blanche et me semblais longue, ma maman semblait courir ou voler....
Plus mon désir fort de la sentir, de la toucher de vouloir l'embrasser, plus elle était loin ....
Je ne voyais qu'une forme blanche, sa robe flottait au vent. Ses cheveux dorés se perdaient dans l'immensité du ciel....
Un jour aussi je n'ai plus retrouvée ma poupée ! Elle s'appelait Marie Noël.
